La vigne a pris de l’avance sur les vignerons et les champignons, voici pourquoi

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La vigne court. Les vignerons, eux, essaient de suivre. Dans le vignoble angevin, tout va plus vite que prévu. La végétation a pris une avance rare, tandis que les pluies de fin d’hiver ont retardé les travaux dans les rangs. Et pourtant, sur le plan sanitaire, le calme revient presque comme une surprise.

Une avance qui change tout dans les vignes

Certains parlent déjà de vendanges de vins de base dans la première quinzaine d’août. Ce n’est pas une provocation. C’est une hypothèse jugée sérieuse par les techniciens du secteur. Une telle précocité reste hors norme, même pour un vignoble habitué aux surprises du climat.

La fraîcheur revenue et le vent d’Est ont un peu freiné cette course. Mais la vigne garde encore une bonne semaine d’avance sur le très précoce millésime 2025. Dans certaines parcelles de chenin, les stades observés vont jusqu’aux 7-8 feuilles étalées ou aux boutons floraux agglomérés. Pour les professionnels, cela veut dire une chose simple. Il faut agir vite.

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Des travaux en retard, des journées trop courtes

Le printemps a commencé dans la boue. Les pluies ont empêché d’accéder aux parcelles au bon moment. Résultat, beaucoup de vignerons se retrouvent à courir derrière la végétation. Ils terminent à peine le pliage. Ils rattrapent aussi le travail des sols, enfin assez secs pour recevoir les engins.

Le mot d’ordre est clair. Il faut désormais faire l’ébourgeonnage sans tarder. Les conseillers recommandent de commencer par les plantiers, les jeunes vignes et les vignes gelées entre le 15 et le 17 mars. Ensuite seulement viennent les sorties de pampres les plus massives sur chenin. Quand la vigne pousse aussi vite, attendre quelques jours de trop peut vite compliquer la suite.

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Le gel a laissé des traces, mais pas de catastrophe annoncée

Au 30 mars, les relevés de l’ATV49 montraient entre 2 et 40 % de bourgeons gelés sur 9 des 31 parcelles observées. Puis de nouvelles températures négatives ont été enregistrées le 14 avril. Cela suffit à inquiéter, bien sûr. Mais le bilan global reste plutôt rassurant pour la production.

Le gel devrait finalement avoir un impact limité sur le niveau de récolte en Anjou. En revanche, il pèse déjà sur les finances des exploitations. Beaucoup ont dépensé pour protéger leurs vignes. Ces moyens de lutte ont un coût. Et quand une année commence avec autant d’à-coups, la trésorerie se tend vite.

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Bonne surprise sur le plan sanitaire

Voici l’autre visage de cette saison. La pression sanitaire est faible, presque rassurante. Les techniciens parlent même d’un niveau quasi nul pour l’instant. Après les semaines d’humidité et de retard, ce constat soulage tout le monde.

Quelques symptômes d’excoriose ont bien été observés sur 8 % des parcelles du réseau du Bulletin de santé du végétal. En moyenne, 8 % des ceps touchés ont été signalés. Mais la plupart des vignes ont désormais dépassé le stade de sensibilité de 2-3 feuilles étalées. Autrement dit, le risque recule naturellement avec l’avancée du feuillage.

Oïdium et mildiou sous surveillance, mais pas de panique

Les vignes précoces atteignent désormais le stade où l’oïdium peut devenir plus menaçant. Pourtant, l’absence totale de rosée le matin a évité un traitement pour le moment. C’est un détail qui compte énormément. Dans un vignoble, un simple film d’humidité peut changer l’ambiance en quelques heures.

Si une pluie annoncée se confirme, la situation pourrait évoluer. La protection pourra alors commencer ou être renouvelée sur les parcelles arrivées aux 7-8 feuilles étalées. Le message est donc très simple. Il faut rester attentif, mais sans céder à l’urgence inutile.

Pour le mildiou, les modèles sont encore plus nets. Il faudrait au moins 15 mm de pluie pour déclencher les premières contaminations. Pour l’instant, les parcelles sont à l’abri. C’est une respiration bienvenue, presque une parenthèse dans une saison déjà bousculée.

Pourquoi cette précocité inquiète autant les vignerons

Une vigne en avance, ce n’est pas seulement une récolte plus tôt. C’est aussi une suite de travaux qui s’enchaînent plus vite que prévu. Taille, pliage, ébourgeonnage, surveillance sanitaire. Tout se tasse. Tout devient plus serré. Et quand une pluie ou un coup de froid s’invite, l’organisation vacille.

Le vrai défi, aujourd’hui, n’est pas seulement de protéger la vigne. C’est de garder le rythme sans se brûler. Les vignerons doivent observer, décider et agir presque en continu. Dans un métier déjà soumis aux caprices du ciel, ce genre de départ en fanfare laisse peu de répit.

Ce qu’il faut retenir de cette saison très particulière

Le vignoble angevin vit une année vraiment à part. La vigne avance plus vite que les équipes. Le gel a touché certaines parcelles, mais sans drame annoncé pour la production. Et sur le plan sanitaire, les conditions sèches jouent pour l’instant en faveur des vignerons.

La suite dépendra surtout de la météo des prochains jours. Une pluie, même modeste, peut relancer les inquiétudes. En attendant, les rangs réclament de l’attention. Beaucoup d’attention. Et dans les vignes, vous le savez peut-être déjà, c’est souvent au bon moment que tout se joue.

Caroline Valette
Caroline Valette

Je suis journaliste culinaire et autrice gourmande, formée à l’Institut Paul Bocuse après un master en histoire de l’alimentation à l’Université de Lyon 2. J’ai travaillé plus de dix ans entre restaurants bistronomiques et maisons d’édition dédiées à la cuisine régionale. Installée à Dijon depuis 2015, je me spécialise dans les produits bourguignons, les accords mets-vins et les récits de voyages gastronomiques en Europe. J’aime aussi explorer le lien entre cuisine et art de vivre à la maison au fil des saisons. J’écris pour partager des expériences sincères, des adresses éprouvées et une gastronomie accessible mais exigeante.

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