Qui a craché sur mon arbre ? Cette étrange bête baveuse envahit nos jardins dès le printemps

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Vous avez peut-être déjà levé les yeux au jardin et eu un petit sursaut. Une mousse blanche, une drôle de bave sur un arbre, comme si quelqu’un avait craché dessus. Rassurez-vous, ce n’est ni sale ni inquiétant. C’est souvent le signe qu’une larve de cicadelle s’est installée là, bien à l’abri.

Cette mousse blanche n’est pas un mauvais signe

Au printemps, les jardins changent vite. Les bourgeons s’ouvrent, les branches bougent au vent, et parfois une étrange mousse apparaît sur les tiges ou les feuilles. Elle peut ressembler à de la salive, à du savon ou même à une petite écume collée à la plante.

Ce spectacle surprend, surtout quand on le découvre pour la première fois. Pourtant, il n’y a aucune raison de paniquer. Cette mousse sert surtout de protection naturelle à un petit insecte bien connu des jardiniers, même si on le voit rarement.

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Qui se cache dans cette “bave” de jardin ?

Le responsable est la cicadelle. C’est un tout petit insecte, souvent pas plus grand qu’un centimètre. Il fait partie de la famille des insectes qui piquent et qui sucent la sève des plantes, un peu comme les pucerons.

Adulte, la cicadelle sait très bien sauter. Ses pattes arrière fonctionnent comme de petits ressorts. Mais au stade larvaire, elle ne peut pas fuir aussi facilement. Alors elle fabrique cette mousse protectrice pour rester en sécurité pendant sa croissance.

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À quoi sert cette mousse exactement ?

Cette écume n’est pas là par hasard. La larve la produit à partir de la sève qu’elle prélève sur la plante. Elle y injecte de l’air et crée ainsi une sorte de mousse, comme de minuscules bulles serrées les unes contre les autres.

Ce petit abri lui sert à plusieurs choses. Il la protège de la sécheresse, des changements brusques de température et même de certains chocs. Il agit aussi comme une cachette contre les prédateurs. Une coccinelle, une guêpe parasitoïde ou un autre chasseur du jardin aura plus de mal à l’atteindre.

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Est-ce dangereux pour vos plantes ?

La bonne nouvelle, c’est que dans la plupart des cas, les cicadelles ne détruisent pas les plantes. Elles peuvent affaiblir certaines cultures, et dans certains contextes, elles peuvent aussi transmettre des maladies. Mais dans un jardin ordinaire, leur présence reste souvent limitée.

Leur cycle de vie est assez court, parfois seulement quelques semaines. Elles ne restent donc pas longtemps au même endroit. Une plante bien installée supporte généralement leur présence sans problème. Et puis, la nature n’aime pas les espaces vides. Les cicadelles servent aussi de nourriture à des oiseaux et à des lézards.

Faut-il enlever la mousse ?

Dans la plupart des cas, non. Si vous voyez cette mousse blanche sur un rosier, un saule ou une autre plante, il vaut mieux laisser faire. Inutile de traiter, de gratter ou de pulvériser un produit au hasard.

Beaucoup de jardiniers ont le réflexe d’agir vite. Pourtant, dans ce cas précis, la meilleure réponse est souvent la patience. Observer avant d’intervenir, c’est déjà protéger l’équilibre du jardin. Et souvent, la mousse disparaît d’elle-même quand la larve devient adulte et s’envole.

Comment reconnaître une cicadelle écumeuse ?

Il existe plusieurs espèces de cicadelles. Certaines aiment les saules, d’autres les plantes basses ou les prairies. La cicadelle écumeuse est l’une des plus connues, mais elle n’est pas la seule à produire cette mousse étonnante.

Si vous voyez une petite zone blanche, un peu spongieuse, au pied d’une tige ou sur une branche, pensez à elle. Ce n’est pas une maladie de la plante. C’est le signe d’un insecte discret, en pleine transformation.

Les signes à observer

Vous pouvez remarquer une mousse blanche assez compacte, parfois un peu humide. Elle se trouve souvent près des jeunes pousses ou dans les zones où la sève circule bien. Si vous regardez de plus près, vous ne verrez pas toujours l’insecte tout de suite, car il reste caché au cœur de cette protection.

Parfois, le simple fait d’observer la mousse suffit à calmer l’inquiétude. Le jardin donne parfois l’impression d’être abîmé alors qu’il vit simplement sa saison.

Quand faut-il rester attentif ?

Si une plante semble réellement souffrir, avec beaucoup de feuilles jaunies, des pousses faibles ou une présence massive d’insectes, il peut être utile de surveiller de plus près. Mais ce cas reste différent d’une petite mousse isolée sur une branche.

Le plus souvent, cette “bave” n’annonce rien de grave. Elle raconte seulement qu’un petit monde discret est en train de grandir sous vos yeux.

Un jardin vivant, parfois un peu étrange

On voudrait parfois un jardin parfaitement net, sans tache, sans mousse, sans bête bizarre. Mais un jardin vivant, c’est aussi un endroit où les surprises apparaissent. Et celles-ci ne sont pas toujours mauvaises.

La mousse des cicadelles est même un bon rappel. Avant de nettoyer, de tailler ou de traiter, prenez une seconde pour regarder. Vous verrez peut-être qu’il ne s’agit pas d’un problème, mais d’un petit épisode de la vie sauvage. Et franchement, c’est souvent là que le jardin devient le plus intéressant.

Caroline Valette
Caroline Valette

Je suis journaliste culinaire et autrice gourmande, formée à l’Institut Paul Bocuse après un master en histoire de l’alimentation à l’Université de Lyon 2. J’ai travaillé plus de dix ans entre restaurants bistronomiques et maisons d’édition dédiées à la cuisine régionale. Installée à Dijon depuis 2015, je me spécialise dans les produits bourguignons, les accords mets-vins et les récits de voyages gastronomiques en Europe. J’aime aussi explorer le lien entre cuisine et art de vivre à la maison au fil des saisons. J’écris pour partager des expériences sincères, des adresses éprouvées et une gastronomie accessible mais exigeante.

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