Interdite en Europe, cette plante fleurit en Belgique : malgré ses belles fleurs, elle reste indésirable

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Elle attire l’œil au premier regard. Ses grandes feuilles, sa fleur jaune, son air presque élégant… et pourtant, cette plante n’a rien d’inoffensif. En Belgique, elle se répand dans la nature alors qu’elle est interdite en Europe. Voilà le genre de surprise qui change complètement la façon de la regarder.

Une belle plante, mais un vrai problème pour la nature

Le Lysichiton americanus, plus connu sous le nom de faux arum, fait partie des plantes exotiques envahissantes. Il vient d’Amérique du Nord et a d’abord été vendu comme plante ornementale. Autrement dit, on l’a planté pour décorer les jardins. Puis il s’est échappé, petit à petit, jusqu’à coloniser des zones naturelles.

Le souci, c’est sa force de prolifération. Une fois installé, il forme de grands massifs très denses. Sous ses larges feuilles, presque rien ne pousse. Il prend la lumière, l’espace et les ressources. Les plantes locales, elles, disparaissent peu à peu.

Ce n’est pas seulement une question d’esthétique. C’est un vrai déséquilibre pour les milieux humides, là où il aime s’installer. Et ces milieux sont déjà fragiles.

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Pourquoi cette plante est-elle interdite en Europe ?

Depuis 2016, l’Union européenne a établi une liste d’espèces exotiques envahissantes. Elle comprend des animaux et des plantes jugés dangereux pour les écosystèmes. Parmi elles, on trouve notamment certaines renouées, la berce du Caucase, la jacinthe d’eau, et donc le faux arum.

La règle est claire : il est interdit de détenir ces espèces, de les multiplier, de les vendre ou de les importer. Cette interdiction n’a rien d’exagéré. Elle vise à éviter que ces plantes continuent de se répandre dans la nature.

Le faux arum est un bon exemple de cette menace discrète. Il a de belles fleurs jaunes. Il semble presque décoratif. Mais derrière cette apparence, il avance vite et ne laisse pas beaucoup de place aux autres.

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Où le faux arum a-t-il été repéré en Belgique ?

Au printemps 2025, la plante a été repérée du côté de Vielsalm, le long d’une rivière. Un chantier a alors été lancé pour tenter de l’arracher. Ce type d’intervention demande du temps et de la patience, car la plante s’enracine profondément.

La région verviétoise a elle aussi dû faire face à des faux arums. Dans ces cas-là, il ne suffit pas de couper les feuilles. Il faut retirer les racines, sinon la plante repart. Et elle repart vite.

Ce genre de situation montre bien le problème. Une fois qu’une espèce invasive s’installe dans un milieu humide, l’éradication devient compliquée. Parfois même très compliquée.

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Comment reconnaître le faux arum sans se tromper ?

Le faux arum se remarque souvent par ses grandes feuilles vertes, larges et brillantes. Il produit aussi une fleur jaune bien visible, un peu en forme d’épi. Son allure peut rappeler certaines plantes de jardin, ce qui explique qu’on le confonde parfois avec une plante décorative classique.

Mais attention à ne pas se fier seulement à la beauté de la fleur. Une plante peut être jolie et poser un sérieux problème. C’est justement ce qui rend les espèces invasives si trompeuses.

Si vous vous promenez près d’un cours d’eau, d’un marais ou d’une zone humide, soyez attentif. Le faux arum apprécie ces endroits. Il se développe souvent là où l’eau est présente en quantité.

Que faire si vous en voyez dans la nature ?

Le plus important est simple : ne le touchez pas. Les équipes spécialisées sont les seules à devoir intervenir. Elles savent comment l’arracher sans aggraver la situation.

Si vous n’êtes pas sûr d’avoir identifié la plante, prenez une photo. Ensuite, envoyez-la au Département de la Nature et des Forêts ou au Contrat Rivière de votre région. Cette démarche peut sembler banale, mais elle aide vraiment à surveiller la propagation de l’espèce.

Il vaut mieux signaler une plante par prudence que laisser passer une invasion. Dans ce domaine, le temps compte beaucoup.

Pourquoi faut-il agir vite contre les plantes invasives ?

Une plante invasive ne reste pas sage bien longtemps. Elle avance, elle couvre, elle étouffe. Et quand elle a pris sa place, il devient très difficile de la faire reculer.

C’est pour cela que les autorités et les équipes de terrain insistent autant. Plus l’intervention est précoce, plus les chances de limiter les dégâts sont grandes. Dans le cas du faux arum, chaque foyer repéré tôt compte énormément.

On comprend alors mieux pourquoi cette plante, malgré ses belles fleurs, reste indésirable. En apparence, elle séduit. Dans la nature, elle dérange. Et parfois, elle détruit un équilibre déjà fragile.

Ce qu’il faut retenir

Le faux arum est une plante belle à regarder, mais problématique pour les milieux naturels belges et européens. Il est interdit, car il se répand trop facilement et menace les espèces locales.

Si vous le voyez en pleine nature, ne le ramassez pas. Photographiez-le et signalez-le. Ce petit geste peut aider à protéger un milieu humide, une rive, ou tout simplement une partie de la biodiversité locale.

Parfois, les plus belles plantes sont aussi les plus trompeuses. Et celle-ci en fait clairement partie.

Caroline Valette
Caroline Valette

Je suis journaliste culinaire et autrice gourmande, formée à l’Institut Paul Bocuse après un master en histoire de l’alimentation à l’Université de Lyon 2. J’ai travaillé plus de dix ans entre restaurants bistronomiques et maisons d’édition dédiées à la cuisine régionale. Installée à Dijon depuis 2015, je me spécialise dans les produits bourguignons, les accords mets-vins et les récits de voyages gastronomiques en Europe. J’aime aussi explorer le lien entre cuisine et art de vivre à la maison au fil des saisons. J’écris pour partager des expériences sincères, des adresses éprouvées et une gastronomie accessible mais exigeante.

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